Quai de gare – Voie Z – 7:30 – TGV en direction de Charles de Gaulle
TmP : « … Tu reviens quant ? … »
MoA : « … Dés que je peux … »
TmP : « … … »
MoA : « … … »
Je vais être encore cette voyageuse égarée. Mes pas m’emportent au loin. J’ignore le reste du monde en ce moment précis. J’ignore mes souffrances physiques : ce mal a l’épaule qui me ronge depuis des semaines, la fatigue. Le ciel est bleu, trop bleu. Je commence a ré-adopter les attitudes convenues et convenables. Je redéveloppe mes codes urbains et j’applique la distance réglementaire. Je n’ai plus le droit de toucher, elle ne veut pas. Je ne suis juste qu’une paire d’yeux rivés sur l’acier des siens. Je sais que dans quelques minutes elle va disparaître. Je ne pourrais la voir que par la vitre de la porte du train. Forte et fragile à la fois. Elle restera sur ce quai quelques minutes cachée derrière un pylône le cœur comprimé.
Le rituel est le même. J’ai glissé le livre qu’elle m’a offert dans ma valise griffée de tous ces transits, comme mon âme, comme mon cœur et comme le fut mon dos hier soir entre ses mains. Il occupera mes mains pendant ce voyage. Il doit être bien, forcement elle me l’a offert. Je lui ai tendue le dernier CD fait pour elle. Il lui apportera des morceaux de moi.
Son parfum me manque déjà. Il restera sur mes mains quelques heures encore. J’y plongerai mon nez quelques temps. C’est la seule solution que j’ai trouve pour effacer cette sensation de vertige qui me prend lorsque les portes du train se referment.
Je vais retrouver les halls d’aéroports, les gens pressés. Il fait chaud, il fait froid, je ne sais plus. Encore combien d’années à faire ces allers et retours ? Combien de mois a m’user dans les trains et des avions ? A laisser fuir le temps et à espérer demain …. Que me faut-il pour rentrer ? Mais je pars encore. A bout de souffle, a bout de larmes, a bout d’émotion.
Je la regarde et reviens en moi quelques strophes du dormeur du Val.
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Je suis ce soldat. Et à cet instant, je voudrais fermer mes bras et la garder contre moi indéfiniment. Je suis deux fois exilée. De ma terre et de mon âme ….
Et
Ecrit en écoutant – Dhikr & Requiem – W.A Mozart & Milen Natchev – Album : Mozart in Egypt
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Allez quoi … Courage c’est pas le bout du bout du monde tout de meme …
Bon j’avais deux chose a faire alors j’ai combiné écouter et lire mon cours sur le trafic des acides nucléiques (je passe sur les détails) et ca fait un drole d’effet, apprendre sur le coin de la tete de se rendre compte a quel point ses minucules petites particules d’ARN et autres jolie facteurs au nom barbare sont a la base de tout,comme tout s’orchestre parfaitement bien dans cette machinerie diabolique de la cellule, de la vie.
Surtout avec cette musique qui je ne sais pas trop ce qu’elle me fait mais elle le fait bien .
Bon je retourne bosser.
(oui oui je suis hors sujet)
@Lau’: Alors la, je dit non. Je ne possède absolument aucune connaissance en acide nucléique, ni autre composantes biologique d’ailleurs. Mais ce que tu décris et une forme de parallèle de ce que je rencontre dans la musique. Toutes les musiques. Cette association qui crée une chose peut-être imparfaite mais porteuse de tant d’espoir, de douceur, parfois de violence aussi. Et si elle aide alors le but est atteint … Bonne révision. Lux perpetua luceat eis !
Cela fait une éternité que je n’avais pas écouté ce disque. Je vais tenter des fouilles archéologiques pour le retrouver dans ma discothèque. Sinon, en lisant ce (très) beau texte, j’ai eu en tête la chanson de Mouloudji « … comme un p’tit coquelicot mon âme, comme un p’tit coquelicot… »
@L’aéroplane rose: Merci … En effet il y a beaucoup de similitude entre le dormeur du Val, ce coquelicot et mes sensations. Un triplette tres douce. Tout en souhaitant que cela ne termine pas de maniere létal.