Je suis définitivement gay, impatiente, sombre, spontanée, cuisinière gourmande, accro a mon travail, angoissée, généreuse, insomniaque, voyageuse, réservée et extravertie, détentrice d’une multitude de petites pierres ramassées sur les plages du monde, buveuse de vin et d’eau, propriétaire de mèches rebelles qui bouclent sous la pluie, plus a l’aise dans les coups de foudre amicaux que dans les coups de foudre amoureux. Exilée volontaire au pays des cows-girls unies, je vis à cheval sur deux continents, deux cultures et deux langues. Je suis une américaine en France et une française en Amérique. Une partie de ma vie de double d’exilée se trouve juste ici à mi chemin entre ces deux pays…… Bienvenue …

Il commence a faire froid dans mon coin et j’avais envie d’un peu de chaleur … Et vous ? Et pour ceux qui n’auraient pas compris le but de la manœuvre, ni le pourquoi ou qui seraient nouveaux et/ou perdu(e)s, veuillez aller ici pour les instructions. Et n’oubliez pas revenir ici après..
« Hit the road Jack »
Version 1960 – Ray Charles

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Version 1991 – Yellow Man

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Leçon

30
oct 2009
12 commentaires

032

Chers professeurs et instits qui passez par ici (Quelques unes se reconnaîtront), vous avez des impacts peut-être inconnus. Il faut que je vous raconte en gros et encore une fois ma vie que quand j’étais petite et blonde. Notez que je ne suis plus petite. Je parle de taille la … Hum … ni d’ailleurs blonde. Mais ceci est une autre histoire. Dois-je vraiment vous dire que quelques décennies sont passées sous les ponts de Paris depuis ?

Pour résumer rapidement le contexte, disons que j’ai eu du mal avec les études au début. Il s’est même trouvé une institutrice pour m’attacher a ma chaise avec des cordes tellement j’étais remuante, révoltée, ingérable en plus de présenter des signes de dyslexie importants. Choses que je suis toujours par ailleurs, moins le coté « attachée ». Rhannn tout de même ! Et puis en troisième j’ai eu une prof de français qui a compris peut-être un peu mieux que les autres comment je fonctionnais. Madame B.

Lors de ma « semaine de maladie » dans cet enfermement chez moi à tourner en rond comme un fauve en cage, j’ai fait du tri et du classement dans les papiers qui voyagent toujours avec moi (Trop de trucs explosifs pour les laisser en garde à Père et Mère). Et je suis retombée sur une lettre de cette ancienne prof qui me souhaitait bonne chance pour la suite de ma navigation scolaire. Je l’ai relu au moins vingt fois.

Il y avait chez cette femme une sorte de feu sacré. De l’essentiel de l’enseignement. Une vision différente faite d’un mélange de formation intellectuelle et sociale de l’élève associé a beaucoup de tendresse aussi. Sans elle, je ne serais sans doute pas la ou j’en suis a l’heure actuelle. Je n’aurais jamais aimé lire (aurais-je pu même y arriver « réellement » ?), ni jamais aimé la dialectique et la controverse. Elle m’a ouvert à tant de choses. J’ai vérifié qu’elle n’avait pas changé d’adresse et j’ai pris mon petit stylo d’écolière pour la remercier de m’avoir poussé, de m’avoir fait découvrir Baudelaire, Ionesco, Sue, et d’autres, mais aussi et surtout de m’avoir appris à apprivoiser ma tête et mes émotions, d’envisager de ne pas trouver LA réponse mais LES axes de réponses, de ne pas être réfractaire à ma propre vie. Je lui ai racontée mon parcours, le reste de mes études, mon métier, ma vie d’exilée … Tout enfin presque tout.

Elle m’a répondue cette semaine. Une grande lettre. Je l’ai gardée longtemps fermée avec une boule à l’estomac hésitant à l’ouvrir, retardant le moment de la lire. Il m’est revenu en mémoire, le moment où je lui rendais mes copies et ce gout délicieux de l’attente et de l’espoir dans la bouche … Elle n’avait pas oublié qui j’étais en revenant sur certains épisodes de cette époque avec beaucoup d’acuité et de détails. Elle m’a même confiée que je n’avais pas été a la seule a la recontacter en me citant une de mes anciennes camarade de banc qui, devenue journaliste l’avais pris comme sujet principal d’un article sur le « bonheur d’enseigner ». Elle continue a travailler, forme les nouveaux dans les IUFM, participe a l’élaboration de certains livres scolaires et partira probablement a la retraite le cœur gros.

Je crois que j’en étais un peu amoureuse à vrai dire. Très probablement d’ailleurs. Cela s’envisage plus facilement avec le recul des années. Mais au delà de ca, c’est tous les instits et profs que je remercie, ceux qui vont un peu au delà de leur fonction. Ceux qui m’ont emmené jusque la. La ou je suis, ici même sur ce blog entre autre.

Elle me sert encore de référence des dizaines d’années après. Spécialement lorsque que je me retrouve dans la peau du professeur et que je perds patience devant un « élève ». Son visage ne c’est jamais effacée de ma mémoire. Il est présent souvent dans ma vie lorsque j’en oublie les données essentielles. Elle m’a appris à avancer la tête haute en gardant toujours le regard droit. Peut-être m’a-t-elle appris tout simplement à aimer la vie.

Je ne vous embrasse pas. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais ils sont vaporeux mes baisers en ce moment et vous ne vous rendriez compte de rien. Alors je m’abstiens

031

Il faut que je vous raconte mon dernier voyage d’affaires…… Hum ? Ok je ne fais pas d’affaires a proprement parler, certes, mais il n’empêche que je suis de temps a autre mandaté par les autorités suprêmes de la crémerie qui m’emploie pour aller flanocher (ou réellement travailler) dans un meeting au loin.

Je m’en fus donc, a l’heure où blanchie la campagne c’est-a-dire vers 7 heures, dans le froid d’un petit matin, jusqu’a mon aéroport préféré. J’avais un vol pour Toronto via Air Can*da. La seule compagnie ou les agents de bord ont une tenue verdâtre sensé faire couleur locale … le vert des grands espaces … et qui ne donne jamais mais alors jamais une belle mine a ceux qui la portent.

Tout commence par la cérémonie du passage de la porte de sécurité, ou l’on se met en chaussettes, on vide toutes ses poches et ses sacs en finissant par l’ordinateur. Une fois le strip-tease exécuté, on attend dans une attitude respectueuse le hochement de tête imperceptible de l’agent de sécurité de l’autre côte de la porte pour être admis dans le sanctuaire de sécurité qu’est sensé représenter l’espace d’embarquement. Notez que ce n’est pas le strip-tease qui me dérange, c’est juste qu’a 8 heures du matin et face a soixante personnes, j’aime moyen.

Ce qu’il faut savoir, c’est que l’embarquement sur un vol au départ des USA et a destination du Canada c’est complètement loufoque. Enfin pour une Française. C’est organisé. Incroyable. Sur le ticket il y a un petit numéro, dit « de zone ». Un grand flandrin appelle les numéros, wawaouin..number three and four, number three and four are now wawawa crrrrrssshhhh. Et aucun gentil passager qui serait muni d’un billet dont la zone n’a pas été appelée n’aura le culot de se lever de son siège avec l’idée saugrenue de truander le système. Bref, le truc est étudié pour la rentabilité, mot magique des compagnies aériennes dont les trois-quarts sont en banqueroute et qui j’imagine, doivent jurer sur la Bible a leurs banquiers qui si, on fait des efforts, on ne nourrit même plus les passagers, et on les parque dans l’avion a coup de numéros.. je vous jure … REN-TA-BI-LI-TE !!!

Donc, on appelle les gens, de façon a ce que les places les plus a l’arrière de l’avion entrent d’abord, et puis on remplit comme une bouteille, du cul vers le goulot en quelque sorte et en tassant bien. La où ça devient terrifiant c’est quand un problème technique ou une mauvaise grippe rend aphone le type qui crachote dans le micro. Plus d’annonces de zones, plus de passagers qui se présentent à l’embarquement. Ils restent tous assis. Hé, les gars, on y va, tout le monde peut monter c’est l’heure. « Tatata, moi chus zone 6, je ne bouge pas » semblent dire tout les bons américains qui m’entourent….

C’est ce qui est arrivé a mon dernier voyage. La panne de micro. Comme dans le cas de la conduite en ville, il faut alors qu’une rebelle pourquoi toujours moi brise les règles et ose aborder le moine préposé a la cérémonie du déchirement du billet, droit dans les yeux, avec ma zone 1 alors que je suppose qu’il vient d’appeler la zone 3 .

Alors, comme par magie, le reste du troupeau se dandine mollement vers la porte, s’excusant maladroitement, je suis zone 2, mais il m’a semble que … Arghhhhhh ….. Mais monte crétin, l’avion est à moitie vide, on devrait s’en sortir.

Bref, l’esprit d’initiative dans les transports ce n’est pas gagné chez les ricains. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’en France on assiste à la situation exactement inverse, le micro marche, mais tout le monde s’en fout, on monte, on monte et on verra bien après.

Je vous embrasse pas ce n’est pas l’envie qui m’en manque, c’est juste que j’ai décidée d’embrasser les gens par zones maintenant et la a moins d’avoir le ticket Zone 14 c’est pas la peine d’y compter..

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Parce que j’ai de la suite dans les idées … C’est doux comme une vague naissante, un bruissement de feuilles … et plein d’idées pour les « futures stagiaires » de Jane

Coralie Clément – Ca valait la peine – Album : Salle des pas perdus

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Que ne ferais-je pour vous faire sourire !

Impromptu No.03

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