Elle dort enroulée
Immobile et silencieuse
Je la vois nue dans sa tiédeur
Ou les secrets de ses rêves
Sont réfugies au fond de son cœur
Mêlés au pas de son sang qui danse
Sous ma main
Je suis définitivement gay, impatiente, sombre, spontanée, cuisinière gourmande, accro a mon travail, angoissée, généreuse, insomniaque, voyageuse, réservée et extravertie, détentrice d’une multitude de petites pierres ramassées sur les plages du monde, buveuse de vin et d’eau, propriétaire de mèches rebelles qui bouclent sous la pluie, plus a l’aise dans les coups de foudre amicaux que dans les coups de foudre amoureux. Exilée volontaire au pays des cows-girls unies, je vis à cheval sur deux continents, deux cultures et deux langues. Je suis une américaine en France et une française en Amérique. Une partie de ma vie de double d’exilée se trouve juste ici à mi chemin entre ces deux pays…… Bienvenue …
Elle dort enroulée
Immobile et silencieuse
Je la vois nue dans sa tiédeur
Ou les secrets de ses rêves
Sont réfugies au fond de son cœur
Mêlés au pas de son sang qui danse
Sous ma main
J’ai des rechutes. Des errances. Des déchirements. Mes yeux se voilent d’une brume humide à certaines évocations, leur donnant il est vrai une forme de voluptueuse nudité parfois. J’ai beau tenter de chasser toutes mes belles images, elles restent la plantées devant mes yeux fermés comme un château fort envoûtant sans que je puisse m’en détacher. Le seul problème c’est lorsque j’ouvre les yeux et que s’étale devant moi le néant d’un bureau, submergé de papiers. Le réveil est brutal. C’est clair, je viens de rentrer dans ma phase « je ne veux plus travailler et je veux rester sous la couette ». C’est un peu tôt dans la saison je trouve … Il va me falloir me reprendre en main rapidement, très rapidement.
Bien, bon au vu des plaintes reçues, je vous fais une petite brève rapide car ce déménagement au plus prés du pouvoir américain ne se passe pas forcement dans la plus grande des simplicités. Question logement uniquement je vous rassure.
J’ai un vrai statut dans ce beau pays, j’ai un visa de travail, un numéro de sécurité sociale, un permis de conduire (certes du Massachusetts, mais tout de même), je suis donc considérée comme une « Legal Alien », comprendre ici que j’ai le droit de payer mes taxes, mes impôts, d’avoir un compte en banque et de surtout le vider pour faire tourner l’économie américaine. Mais j’ai oubliée une chose essentielle … que dis-je vitale : je ne suis pas totalement surendettée. Et figurez-vous que les propriétaires d’appartement à Washington veulent savoir si vous êtes solvables et la tenez-vous bien à vos chaises, a votre lit, a la femme qui partage votre vie, bref tenez-vous a quelque chose. Car si vous n’avez pas de dettes alors vous êtes considérés comme « difficilement solvable ». Et manque de pot je ne suis pas surendettée au contraire même. Je me débats donc dans une situation ubuesque : pas de dettes pas d’appartement. Si cela continue, je vais finir par me retrouver a coucher dans les jardins de la Maison Blanche. Il faudrait tout de même que je sache si le petit-déjeuner est compris avant …
Je ne vous embrasse pas, ce n’est pas que l’envie qui m’en manque, c’est juste que je vais aller immédiatement acheter deux énormes Hummer (toutes options) et m’endetter pour les vingt-cinq ans à venir … alors peut-être pourrais-je louer un appartement décent …
Tout est merveilleux en ce moment mais tout n’est pas forcement facile. Certes l’image est un peu fatiguée mais elle est vraie en tout les cas pour moi. Ma vie est une sorte de ligne pas vraiment droite, coupée par une succession de carrefours et de croisées des chemins. Je fais des choix vécus sans aucun regret mais qui laissent parfois en moi des tensions inquiètes, des frémissements intérieurs et bien trop souvent des questions retenues par délicatesse ou par peur. Je ne suis pas une femme de tout repos et je m’aperçois que je ne suis pas la seule, je m’en rends particulièrement compte depuis que je vous lis.
Tous vos textes, vos commentaires recèlent l’inventaire des bonheurs et des malheurs de la Vie. Ils disent l’amitié, la tendresse, l’amour, le doute et les peurs. Ils sont aussi textes de mémoire, de couleurs, de parfums, de sonorité. Leur lecture m’apprend aussi à découvrir de nouveaux endroits privilégies ou me ressourcer et auxquels je n’avais pas pensé. Ce sont des espaces souvent enveloppés de lumière bleue, des lieux de brumes légères, de douce rumeurs, de figues mûres gorgées de soleil, de soleil éclatant, de cigales, de musiques particulières …
Avez-vous fait attention que dans le dictionnaire le mot SAOUL précède le mot SOULAGEMENT ? A votre avis doit-on y voir une quelconque connotation ou tout du moins une relation quelconque ? Un truc de cause à effet ou d’effet a cause ? Ne parlez pas trop fort ce jour, Dame Cafetière a quelque peu abusée d’excellant Apple Martini et de Chardonnay hier soir ….

Mais Dame Cafetière s’en moque … il fait beau, les arbres sont en fleurs … Et la vie est douce avec elle.
Un petit café avec ca ?
Felix Mendelssohn – Spring song
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