Berry
Love Affair
Je suis définitivement gay, impatiente, sombre, spontanée, cuisinière gourmande, accro a mon travail, angoissée, généreuse, insomniaque, voyageuse, réservée et extravertie, détentrice d’une multitude de petites pierres ramassées sur les plages du monde, buveuse de vin et d’eau, propriétaire de mèches rebelles qui bouclent sous la pluie, plus a l’aise dans les coups de foudre amicaux que dans les coups de foudre amoureux. Exilée volontaire au pays des cows-girls unies, je vis à cheval sur deux continents, deux cultures et deux langues. Je suis une américaine en France et une française en Amérique. Une partie de ma vie de double d’exilée se trouve juste ici à mi chemin entre ces deux pays…… Bienvenue …
Et en avant pour un exercice de style. Je m’explique. Je me suis fait « taguée » (je n’aime pas trop l’expression mais c’est ainsi) par l’Intrépide. Il s’agissait de lister cinq actions inavouables, ou tout du moins inavouées a la face du Monde entier. Après tout j’aime cette nouvelle forme de cadavres exquis moderne tant que cela n’est pas tout les jours. J’ai donc décidée de jouer le jeu et je me suis donc pliée à cette gymnastique de mémoire … Le but de l’histoire et d’en exposer cinq …. J’ai eu donc envie de décliner tout cela …. En cinq sens, les cinq sens : Le gout et l’odorat, le sens cognitif du toucher et les sens de la contemplation : La vue et l’ouïe … Les voila :
Ce matin, même les oiseaux étaient silencieux et ils écoutaient la lumière déchirer les ombres de la nuit. Un instant magique. J’avais des mots et des phrases au bout des doigts. Mes idées se déployaient, se défroissaient, et je sentais que ce qu’elles perdaient en poids elles le gagnaient en étendue, comme une main dénudée et accueillante. Il y a parfois une densité particulière, une pigmentation singulière de l’air à l’approche de l’écriture, comme celle qui préside aux aurores qui se lèvent sur la mer. L’eau lisse et sombre, encore inquiétante avec ses nappes de brumes qui sortent des profondeurs. Je crois que cela tient au silence. Ce silence du matin qui n’a pas le même timbre que le silence nocturne. Ce silence du matin, plat, lisse, dévoilé, nu. Comme celui d’aujourd’hui.
Sous la faux
De mes bras éblouis
Ton corps
Comme une gerbe de blé
Tous les grains de ton corps
Nourris de tes soleils
Broyés de nos mains
Je n’en peux plus, plus je creuse et plus je tombe sur la même veine, la même problématique, le même huit-clos. L’humanité est folle et égoïste. Trente trois mineurs chiliens arrachés des entrailles de la terre pour un budget frisant les $ 10 millions. C’est bien, c’est beau c’est émouvant certes. Ces hommes dont je ne dénie pas la résilience sont devenus aux yeux du monde des héros a la manière des soldats d’Ulysse enfermés dans le cheval de Troie. Mais en fin de compte que va t-il se passer après ? Ils sont riches maintenant et potentiellement encore plus lorsque seront a n’en pas douter, publiés les trente trois livres relatant leur histoire, les deux films hollywoodiens ainsi que très probablement le reality show « Be a trapped miner » sans oublier bien entendu le jeu de Noel que tout les enfants vont s’arracher « Construit toi-même ton propre Phénix (Piles et mineurs non compris)» …