Titre alternatif: « Ou il advient que finalement la licence IV ne se passa pas au bar »
Munie de mon tout nouveau permis de conduire américain temporaire acquis de haute lutte, je me suis présentée il y a deux jours au « Registry of Motor Vehicles » qui est responsable de la transformation d’un papier provisoire en un sésame plastifié. A l’entrée de l’imposant building, c’est un State Trooper qui m’accueillit. Mais me direz-vous : Qu’est ce ? Et bien c’est une sorte de gendarme avec des culottes bouffantes et des bottes de cuir impeccablement cirées. Je peux m’y voir dedans sans trop d’effort, car il faut bien le dire face a ce type d’homme, on baisse les yeux et on a alors tout loisir de s’observer dans ses bottes. On ne plaisante par avec ce genre de gars la. Il connait son métier sur le bout des doigts. Tout ce qu’il dit est à prendre à la lettre. Tout en lui transpire ce que peut représenter les mots du genre « Ordre, respect, dignité, loi, drapeau, honneur, sacrifice … » dans mon coin de l’Univers.
Apres explication de mon cas, il me tendit un formulaire jaune et un ticket B375. Puis il m’indiqua d’un hochement de tête viril et martial l’étage du dessus. Je montai et pénétrai dans ce qui visiblement était une salle d’attente, et j’attendis … Et les numéros passaient : C150, C155, C149, B155, B178, B350, B18, B240, B258 et cette farandole bizarre continua comme ça pendant environ une heure. Imaginez-vous attendre votre tour sans même savoir si vous l’avez raté ou pas. Les numéros ne se suivaient pas, et tout le monde était obligé de fixer en permanence le prompteur pour suivre. Eprouvant. Et puis mon numéro sorti, comme pris au hasard dans le chapeau d’un magicien fou. Ouais !!!! J’avais tout de même passé une heure à tenter de lire un dossier, en relevant la tête toutes les minutes pour vérifier le numéro sortant. Mais malheureusement pour moi, tout ce que la dame au guichet pu me dire était que je devais présenter quatre preuves de mon identité et de ma résidence. Dommage, je n’en avais que trois. A toutes mes questions, elle n’a daigné répondre qu’en me répétant la même phrase encore et encore at nauseum : « Quatre preuves de votre …. ». Remarquez, il m’a tout de même bien fallu tout ca avant que je ne saisisse le sens de sa logorrhée.
Elle avait cet accent gras que certains américains peuvent avoir certaines fois. Cet accent qu’on n’entend que dans les films et dont on pense qu’il est forcé. Et bien non, pas du tout. Il existe bel et bien des gens comme ça, qui ne font aucun effort ni de prononciation ni d’articulation. Ce genre d’être qui passe ses journées écroulé sur son siège, affichant ouvertement et sans aucune gène un ennui mortel, une morgue sans égale, un mépris infini de tout ce qui les entoure. Et puis cette dame me regardait l’air de dire : « Ma pauvre fille, tu ferais mieux de rentrer dans ton pays, et puis de toute façon, je m’en fous de ton problème ». Le tout sur un ton qui sous-entend, que le titre de fonctionnaire lui confère le droit séculaire de rendre justice, de battre monnaie, de prélever des dimes, d’entrer a cheval dans les églises… et même peut-être y rajouter le droit de cuissage …
Je repartis donc n’ayant aucune envie de vérifier le dernier postulat énoncé. Je me représentai le lendemain, cette fois avec six documents. Sauf que la, le papier à remplir était blanc. Tiens, c’est marrant, l’autre fois il était jaune . . . Et oui vous l’avez deviné, ce n’était pas le bon papier. Pas le bon type de numéro. Pas la bonne file d’attente numérique virtuelle. Pas le bon guichet. Et donc pas la bonne personne qui aurait eut la bonne formation pour me faire signer les bons papiers. Le gars enfin Monsieur le State Trooper, au guichet de l’entrée s’était trompé. Du coup cela le rendait plus humain mais pour moi c’était l’horreur !
Fort heureusement, pour une fois, la dame au guichet était conciliante et me prépara donc une partie des papiers. Elle avait eu du mal tout de même à penser que the State Trooper avait pu commettre une erreur. Elle me prit en photo, me fit faire un test d’acuité visuelle et m’enjoint de me présenter immédiatement a son collègue (celui du bon guichet). Celui-ci analysa les documents et, n’y voyant rien à redire, tamponna, enregistra, imprima, et me tendit un morceau de plastique avec ma photo, mon nom, mon adresse… Ca y est je peux conduire légalement. Je suis libre, enfin fichée plus exactement, de toute manière je l’étais déjà alors.
Je ne vous embrasse pas la tout de suite. Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est parce que la je suis super a la bourre pour aller enfin au bar siroter mes quatre Apple Martini … Tournée générale … on s’embrassera la bas d’accord ?

Finalement, toute les administrations se ressemblent, on n’a jamais le papier de la bonne couleur, on n’est jamais dans la bonne file et en plus il faut toujours revenir une seconde fois, c’est rassurant !
Par contre, tu fais un peu juvénile sur la photo, t’es certaine d’avoir l’âge légal pour ta driving licence ?!?
PS : je suis peut-être cruche mais c’est quoi un apple martini ??
Rhoo, le parcours du combattant ton truc… ça me fait penser à je ne sais plus quel épisode d’Astérix (les Douze travaux je crois !) où ils doivent trouver le formulaire A38 dans la maison qui rend fou
s
En tout cas, félicitations pour ton « driver’s license !!! Yeah !!
AHHHHHH enfin la licence IV…. ce coup -ci c’est bon , tu l’as ton permis, finalement cela n’a pas pris 107 ans…
On devrait peut-être proposer à notre président de remplacer les potiches des accueils genre préfecture par des types en uniforme, suis certaine qu’il approuverait…
Quel périple ! Et où allez-vous nous conduire maintenant ?…
@Marie : Je suis sure que cela fait plaisir, de savoir que c’est pareil partout. Hum ? Concernant l’Apple Martini. J’ai découvert ca ici, même si à la base je n’étais pas particulièrement cocktail, mais plutôt verre de vin blanc ou rouge. Mais la, c’est vraiment bon. Donc la recette est la suivante :
Une dose de vodka
Une dose de schnapps
Une dose de jus de pomme
Tout cela dans un shaker puis dans un verre.
Cette formule multipliée par quatre enlève bien des inhibitions. Enfin chez moi. Mais en tout cas, pas assez pour que je vous laisse la vraie photo …… Tout de même ….
@Blue Green : Ce fut en effet un vrai parcours d’obstacles. Il est étonnant que je n’ai pas craquée, parce que la patience n’est pas une de mes vertus cardinales. Je suis fatiguée en ce moment. Ca doit être cela.
@Pucca : Peut-être en effet si l’on téléportait le State Trooper en France, certaines clients des administrations françaises se tiendraient mieux. Mais ca fait vraiment peur cette représentation de l’ordre public.
@L’avion rose : Probablement dans quels endroits insolites et encore inconnus de moi aussi. Le moteur ronronne doucement, il n’attend plus qu’une main un peu plus ferme sur les vitesses.
Tu as essayé ?
1 dose de texane
1 dose de State trooper
1 dose de « I’ll be back ! »
A boire en une seule fois pour voir se profiler le ticket magique de la driver licence dans sa totalité. Si si, essaie…
@Zoé: Si la Texane est une State Trooper et qu’elle me dit en sortant du café « I’ll be back ». Eventuellement, je pourrais penser à aller m’installer dans un Etat à la frontière du Texas. Tout de même PAS le Texas ! Cela dit en y réfléchissant, les pantalons de cheval c’est plus trop ma tasse de café. Déjà donné.
Juste un passage éclair pour te dire que le relookage de ton blog est sympa… bon il doit y avoir une empreinte de main sur un des murs je n’ai pas pu m’en empêcher lol… bravo pour ton permis… voilà.. c’est à peu près tout… je repars sur la pointe des pieds…. euhhh c’était de la peinture à quoi parce que j’arrive pas à me nettoyer la main lol
@Chris: Merci. Et voila ….. La première tache !!! Rannnn ,,,, Allez hop sous l’eau directement pendant 20 minutes !
Donner son permis à une gamine qui tourne à l’Apple Martini…ils sont forts aux States !
résumons-nous le qcm, la voiture de barbie, le pneu, le state qui fait peur, les joies de la confrontation directe avec l’administration … et tout ça pour un bout de plastique valable … 1 an ?!? dis-moi pas que c’est pas vrai? finalement je préfère comment que c’est à la maison hein parce que bon la roue à 90 balais, je crois pas que je pourrais … remarque déjà aujourd’hui, suis pas certaine.
@Chester: Money buys everything my dear. Bon en même temps, les Apple Martinis c’est avant et la « gamine » aussi donc pas de problème.
@Lily: Ca c’est le grand secret. La filouterie extrême. Ton permis tu le repasse pas. C’est juste que le jour de ton anniversaire, le gouvernement t’offre ton premier cadeau. Une facture. Et vlan tu repayes ton permis. Ou comment faire de l’argent sans trop de difficulté. Ca m’étonne que cela ne soit pas adapte encore en France.
oh ben ça va alors si c’est qu’une histoire de dollars alors… c’est moins pire que le lumbago… oh mais cela veut que nous n’avons que trois jours d’écarts alors… ispice de ‘tite balance va!!… ‘fin vu que tu nous as fait l’affront de cacher l’année… on ne pourra jamais être certaines hein
allez m’en vais reposer mes os.