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Concerto pour piano et orchestre No. 23 – K.488
Wolfgang Amadeus Mozart

Je me suis un peu exilée au bout du canapé ce soir. Il faut dire qu’il est en train de se passer deux ou trois petites choses dans ma vie que je n’aime pas trop. Et comme toujours dans ces cas la, je me refugie dans la musique. Elle me relie a ce et a ceux que j’aime. J’en écoute beaucoup, de tout. Mais lorsque je commence à douter alors le registre devient plus classique. Que voulez-vous des réminiscences d’années de solfège et de piano qui ont coutés des fortunes à mes parents et qui m’ont juste rendu l’oreille musicale parce que pour le piano, il faudra repasser.

En ce moment quelques notes de musique s’élèvent dans mon salon et flottent. C’est doux comme une caresse sur une peau a peine effleurée. C’est une bulle qui prend naissance au creux de mon ventre pour apaiser mon âme et calmer mes angoisses et mes désirs. Je connais ce concerto par cœur, mais pour la énième fois je me rends compte que chaque écoute est unique et que ma lecture est différente.

La musique c’est cette dimension supplémentaire, rempli d’émotions inexprimables par de simples mots. Je suis complètement absorbée par ce qui est au delà. Je l’écoute non seulement avec mon cœur et mon âme mais aussi avec mes cinq sens. L’ouïe se comprend facilement. Mes yeux voient et mon odorat ressent les nuages transpercés par des éclats de soleil, la joie, les éclats de rires en gerbe, le clapotis de l’eau, la vibration des feuillages, la teinte ocre de la terre, la tempête … Toucher et gouter ne font qu’un mais uniquement lorsqu’ « elle » est la a mes cotes … Ce concerto est éclatant. C’est une musique bourrée d’apparence, de jeux perpétuels de force. Enfin c’est ce qu’il parait au début bien sur, alors que c’est une chose fragile, toujours orientée dans le sens du bon, du beau, du vrai. J’aime cette musique pour ce qu’elle est, simplement, pour cette intimité, pour l’émotion, pour cette sorte de silence habité. Il en va de même pour la peinture, lorsque je regarde un tableau je suis attirée par le visible mais diablement plus par l’invisible. Insatiable curiosité.

La dualité de l’orchestre et d’un piano qui avance a coup d’effleurement de touches. Puis le piano devient de plus en plus présent, il fini par remplir tout l’espace et délivrer son propre rêve, son aboutissement. Et il y a la douceur et la délicatesse des instruments à cordes associés a la profondeur et a la chaleur des instruments à vents. Toutes ces questions-réponses des uns envers l’autre. Fatalité de l’orchestre contre la foi du piano. Duel. Qui remporte l’estocade finale ? Celui qui élève la dernière note ou celui qui transmet la dernière émotion ? Parfois cela me laisse aussi comme une petite fêlure, une sorte de fatigue un peu écœurante devant tant d’équilibre, de blancheur immaculée associée parfois a une noirceur dense … Dissonances de l’art … Dissonances de la vie ?

J’ai tellement envie de ses bras dans ces moments la. Je lui parlerai de l’infinie patience d’un cœur et d’une âme, de l’infinie tendresse des notes. J’imprimerai le même effleurement des touches sur sa peau, cette même puissance à d’autres moments, tout ce qui mène à cette harmonie, à cette ivresse. Et il y aura ces silences que j’aime tant. « Elle » me gardera contre elle, et d’un seul coup sans que sache vraiment pourquoi, je lâcherai prise. « Elle » posera ses mains sur moi. Et je deviendrai alors cet instrument parfaitement accordé, parfaitement en harmonie avec ses mains, ses yeux et cette musique. Imaginer son souffle calme, son corps comme une mer de sable mobile et changeante. Seulement, « elle » est en train de me glisser doucement d’entre les mains, je le sais, je le sens, je me trompe rarement. En même temps prés de 6000 kilomètres pour jouer une partition à quatre mains c’est loin d’être facile.

Je me suis absentée quelque temps, les mains sur cet autre clavier, assise dans ma position préférée pour écrire, calée dans le canapé, le portable sur les genoux et l’esprit au loin. Et puis cette musique c’est tue pour laisser place au silence de la nuit à nouveau interrompu par le bruit de mes mains tapant nerveusement sur les touches.

Respiration … inspiration … expiration ? … Fast forward ? Fast rewind ?

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12 Réponses dans “Intérieur nuit”

  1. Lau' dit :

    je fais un commentaire pour dire que j’ai lu, mais je ne dirais rien,j’écoute…

  2. pucca dit :

    Cela fait du bien un peu de musique classique, justement hier, je me disais que j’en mettrai sur mon blog cet hiver, ne me demande pas pourquoi mais la musique classique c’est exclusivement à la mauvaise saison que j’en écoute…

  3. l'avion rose dit :

    « Crei my hogar apagado
    revolvi la ceniza
    y me queme la mano »
    Parfois, c’est juste la nuit qui est trop noire et la musique, trop belle.

  4. Pelisse dit :

    Douce musique dans laquelle les accalmies sont souvent suivis d’une reprise pleine de vie.

  5. Marie dit :

    C’est marrant je fais comme toi quand le moral n’est pas au beau fixe, j’écoute souvent le Requiem de Mozart ou Carmina Burana de Carl Orff. Je trouve qu’à ces moments là la musique classique exacerbe les sentiments, c’est un peu un refuge quand les mots sont de trop…

  6. MoA dit :

    @Lau’ : C’est exactement ce que je pense qu’il faut faire … Ecouter … Ressentir … Vivre

    @Pucca : Ce n’est pas forcement une question de saison pour ma part. Bien que … bon c’est vrai …. Peut-être … L’automne et l’hiver sont parfois plus « propice » à la musique classique. Les tempêtes sous les cranes aussi nécessitent (enfin pour moi) ce « type » de musique.

    @L’avion Rose : J’espère que cette belle brulure sera la encore au rendez-vous … Merci pour ce supplément d’âme au couleur rouge et jaune qui m’a fait défaut aujourd’hui

    @Pelisse : Bienvenue par ici … Pas forcement au moment le plus youpla-boum … trilipinpon. Je souhaite en effet que cette accalmie soit temporaire. Je rêve à des tempêtes en ce moment. De celle qui décuple les forces, mes forces…

    @Marie : Et bien on est un bon paquet comme cela … Je sens que l’on va pouvoir monter un méga-géant-concert W.A.Mozart inter-continents !!! Avec groupies !!!

  7. Greenouille dit :

    Bon, ok..je connaissais plutôt les concertos pour clarinette et pour flûte et harpe…une fois de plus je suis transfigurée..
    p’tain que c’est bon ! Indémodable, indétrônable et éternel. Fort et doux et triste et gai…ouahou !

  8. Pas dit :

    Je suis en train d’écouter, je suis en train de découvrir, je suis en train d’aimer. 25:18 qui font du bien avant dormir.
    Merci.

  9. Pas dit :

    @ Greenouille : pourquoi toi, tu as un avatar ?

  10. lily dit :

    faute de pouvoir trinquer à tes tempêtes tant désirées, je te dis :
    MERCImerciMERCImerci
    cette chose non identifiable, cet air, ce son, cette vie, cette force, cette douceur,…, tout ce que tu as si justement décrit est ce que je soupçonnes, ce que j’attends, ce que je sais manquer par un manque abyssal de culture classique. alors un seul mot merci pour cette découverte qui vient enrichir mes oreilles et mon esprit, je n’ai pas pu, voulu m’en séparer de la journée.
    au plaisir, et peut-être égoïstement dans l’attente, d’autres perles …

  11. Greenouille dit :

    @ Pas : parce que j’ai été sage ! ;)
    Nan, tu vas là : http://fr.gravatar.com et tu télécharges une image de ton choix, et hop là, t’auras aussi une image ^^

  12. MoA dit :

    @Pass : Ca me réjoui de savoir que cela vous fait du bien.. Ca ricoche sur moi ce « bien » la. Vos petites bouteilles ont éclairées ma journée et ma soirée. Merci.

    @Greenouille : Ca soigne aussi le lumbago … RaaAAhh mais oui je ne rigole pas. Ca détend le bas du dos, ca aide a la production d’endomorphine … Ca devrait d’ailleurs être rembourse pas la Sécurité Sociale.

    @Lily : J’ai toujours pensée que tout, même les choses les plus sombres peuvent éclairer les autres. Le mythe du phare … Yes … Je suis heureuse que cela fasse découvrir d’autre sons, d’autres émotions. Cela dans un sens justifie toutes mes tempêtes interieures. La culture classique se rattrape … si … si …. Attend simplement qu’un jour je vous sorte du Schubert …. La ca va être toute une autre gamme de ressenti. De l’artillerie lourde. J’n’vous dis que cela ma petite Dame

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