Puisque je suis dans la période « Transport en commun » et apres le métro passons a l’avion si vous le voulez bien … Il y a quelques semaines, j’ai du aller faire un petit tour a Boston. Un aller-retour rapide dans un superbe avion de construction Bombardier portant le nom improbable de CRJ-700 … et il m’est venu cette idée de petite note … Je vous la livre avec retard mais non sans gourmandise …
Me voila donc à bord de ce minable avion de soixante places direction Boston, ses parcs et ses avocats a bretelles, bercé par des consignes de sécurité qui n’ont jamais empêché aucun avion de se crasher, ça se saurait. Ah, oui, et puis tu ne fumes pas. Remarque ca fait des années que l’on ne fume plus dans les avions. Z’en avez pas marre, de le répéter ? C’est fatiguant tout de même à la longue. Le menu sur un vol intérieur est également détaillé, mais c’est beaucoup plus rapide … enfin l’apéro ou le petit-déjeuner. Et pour une heure trente-sept minutes de vol tu as le droit a un verre d’eau, voir un mauvais café et si tu demandes gentiment le tout accompagné soit d’un minuscule paquet de graisse salée où flotte quelques chips anémiques, soit d’un sachet de cornflakes hyper sucré … le tout étant d’une mesquinerie hallucinante. E-co-no-mies, te dit-on.
A peine le temps d’avaler dans une grimace ces exemplaires de haute gastronomie que c’est l’atterrissage, le sol se rapproche, très vite quand même non ? C’est moi ? C’est que je déteste les atterrissages et c’est donc pour moi l’heure de l’incantation silencieuse, mes petits doigts de pied crispés dans mes chaussures de haut luxe. Puis le choc avec le sol, tout cela plus ou moins contrôlé par un commandant de bord a lunettes et a l’orée de la retraite et qui ne fait plus que les vols interieurs. Nous voila a baguenauder sur le tarmac de droite, de gauche, le tout ponctué de coups de frein qui me décolle a chaque fois mes augustes fesses de mon siège 9K. La encore, je ne peux m’empêcher de noter une nette différence de comportement entre mes compatriotes et les autochtones. Personne, absolument personne ne bouge un petit doigt avant le « dong » et l’extinction du signal lumineux et injonctif : « pas bouger ! ..coucher .. enfin non assis ».
Et au moment même ou celui-ci s’éteint, les ex-voyageurs fourragent furieusement dans leurs affaires pour agripper ce qui les relient a la vie … et oui ……..le téléphone portable. On se précipite pour annoncer son arrivée. Le vol était donc si dangereux que ça, la possibilité de ne jamais arriver si palpable, qu’il faut annoncer, sonnez hautbois, résonnez musettes, taratata, que oui, je te jure, je suis vivant, non, je n’y crois pas moi-même…. Impensable … L’avion résonne alors d’un gigantesque cri de victoire : « c’est moi ». J’imagine alors que de l’autre cote, soixante autres voix répondent en cœur « ben oui, et alors ? ». Mais j’ai tort, je le sais. La réponse, unique et universelle américaine, c’est « oh-maille-god » (NDLR : « Oh my God » et non « passe moi la moutarde »), confirmant qu’en effet je suis passé tout prés de ma dernière note accrochée dans ce café. Et vous seriez si triste !
Il reste à accomplir quelques cérémonies obligatoires. Tout d’abord laisser le type devant se trémousser dans tous les sens, se contorsionner, pour arracher aux griffes du compartiment a bagages une valise qui n’aurait jamais du s’y trouver vu la taille, mais le client est roi. Puis, nous voila donc en rang – encore – pour saluer Madame l’hôtesse enfin celle qui m’a jeté a la figure mon paquet de chips avarié quelques minutes auparavant. Et puis elle est meme pas sexy parce qu’il faut bien le dire US Airways n’est pas un repere de bombes .. ca aussi cela se saurait et Madame L’Hotesse du vol 5435 n’alimentera pas mes fantasmes les plus intimes, si toutefois j’en avais …. Bref, enfin voila l’air libre ou l’on se retrouve soudainement plongé dans la température ambiante. A ce moment la, et seulement a ce moment la, tu te rends compte que tu as effectivement voyagé.
Fini ? Non pas tout a fait. Il faut encore aller chercher les bagages. Dès que le long serpent sensé supporter les valises se met marche, la foule s’y précipite, se coagule, comme la basse cour a l’heure du grain. On peut découper l’attente des bagages en trois phases physiologiques distinctes : tout d’abord une espérance folle qui te met sur un nuage, t’y crois, oui, sans blague, ta valise sera la première à être sortie, pardon, pardon, excusez moi, ben oui, j’ai gagné. La deuxième phase est une lente mais persistante infusion d’inquiétude, les mains sont moites, quelque chose te dit alors que la foule se disperse, que tu te diriges rapidement vers la phase trois. Celle-ci, est une sérieuse injection d’adrénaline dans le système, tu es en train d’imaginer la discussion dans le bureau des réclamations, et tiens, au fait, où est mon ticket pour le bagage. En général, c’est la qu’elle apparaît, tu ne l’avais jamais trouvée aussi belle… Limite sexy a se déhancher comme cela sur le tapis.
Alors que tu es au bord de la crise de nerf, l’ultime étape se dresse devant toi. Il ne reste »plus » qu’a sortir a la recherche de la queue pour les taxis. Il ne faut jamais oublier que voyager en avion comporte deux phases : une pendant laquelle on traverse l’espace a environ 884 kilomètres à l’heure qui semble assommante et monotone et l’autre, pendant laquelle on avance à environ 50 mètre à l’heure qui semble de la meme facture … c’est a dire monotone et assommante. Dans le cas d’un court trajet, ce qui est souvent mon cas, il n’est pas rare que les deux phases soient d’égale durée, ce qui pousse inévitablement à se demander mais pourquoi diable je n’ai pas pris la voiture.
Je ne vous embrasse pas ce n’est pas l’envie qui m’en manque. C’est juste d’embrasser la tout de suite mon BlackBerry, les gens autour de moi vont trouver ca étrange. Et j’arrive vers la fin de l’attente des taxis. Ne faudrait pas que je me fasse doubler …
la prochaine fois, prenez donc l’Avion Rose….
J’allais le dire, rien ne vaut la Cie Avion Rose…
Ce qui me rassure, c’est que malgré les années, vous n’êtes pas rentrée dans ce moule et que cela vous interpelle encore, Dame Cafetière, ce qui nous fait partager ces quelques lignes on ne peut plus réalistes à nous pauvres…piliers de café.
Pour ma part je prends rarement l’avion, et pour les rares fois où j’ai du le prendre, je vous rassure, je n’ai pas eu droit à une hotesse sexy! non plus…les cies aériennes ne sont plus ce qu’elles étaient ma pauv’e Dame!!
..Ca me rappelle mes jeunes annees ou je naviguais aux Antilles.. et lorsque je devais prendre un avion au depart d une toute petite ile, j ai le souvenir du pilote ( donc la description est faite par vos soins plus haut! )qui lui, sortait de sa poche une piece de monaie et revisait avec tout ce qui pouvait bouger sur la carlingue!!!Ca mettait tout de suite en confiance!!D autant plus qu on avait bu ensemble un ou deux cocktails avant ,histoire de debrieifer!!! Madame la pilote qui etait a ses debut de pilotage a cette epoque n aurait jamais fait un truc pareil j en suis sure.. HEIN??!!! Nan pas vous!!
alors comme ça tu veux nous faire croire que tu n’as pas de fantasmes ?!
@Madame La Pilote : Vous assurez aussi les « courtes destinations » ? Dans l’affirmative alors avec plaisir … De plus je sais que le siege 9K dispose d’une reserve de Krugg and as long as you will dimming the lights for the evening’s entertainment … Well let’s fly !
@Chimères : Rebelle un jour … rebelle toujours ! Et en effet les compagnies aeriennes ont tendance aux economies drastiques. Y compris concernant les sourires des hotesses !! Chere Aide-Cafetiere peut-etre devrions-nous nous lancer dans une compagnie aerienne de luxe ?
@The Royale : En effet je n’ai pas eu encore a frequenter ce genre de compagnie que je nomme « Air Peut-Etre ». Je pense qu’a votre image je me serais descendue quelques verre before the take-off ! Est-ce de cette epoque, que je ne peux imaginer par ailleurs si lointaine, que vous vient votre connaissance des cocktails ?
Révisez ma carlingue à coup de pièces de monnaie ?… non effectivement, moi, j’utilise une plume…
@Lily: Alors … bon … en fait … bien … on commence par quoi ?
@Madame La Pilote : Legere, legere ….
Effectivement, je rejoins Chimères les temps ont bien changés…je me souviens m’être fait péter la ruche lors d’un vol jusqu’aux states, en testant toutes les fioles d’alcool disponibles à bord de l’avion…oui j’étais jeune et folle… et là, j’ai découvert l’impensable, que dis-je l’inimaginable, l’américain ne parle pas le français, alors l’english à jeun ça ne le fait pas, mais à 3 grammes…j’ai raté ma correspondance.
@Chester : C’est donc cela ? Chester ne serait pas forcement la Femme Parfaite ?!?! Remarque j’imagine tres bien la conversation entre un americain et une demoiselle legeremen emechee … Cela ne m’etonne a moitie que la correspondance fut ratee … Volons donc sur la Compagnie Avion Rose alors ! Je ne suis pas sure que toutes les fioles soient presentes mais le champagne oui … et l’ivresse (des sens) egalement !
si l’hôtesse n’est même pas sexy, quel intérêt de prendre l’avion, franchement!!!
Je suis d’accord, la compagnie « Avion Rose » reste le meilleur choix… cependant une petite suggestion, le train ???? non parce que je deviens une pro des voyages en train, et là aussi, il y a du lourd
@Entre Mel : Ben parfois …. l’hotesse peut-etre charmante …
@Isa: Alors oui le train … il ne reste plus que cela pour moi !