Chers professeurs et instits qui passez par ici (Quelques unes se reconnaîtront), vous avez des impacts peut-être inconnus. Il faut que je vous raconte en gros et encore une fois ma vie que quand j’étais petite et blonde. Notez que je ne suis plus petite. Je parle de taille la … Hum … ni d’ailleurs blonde. Mais ceci est une autre histoire. Dois-je vraiment vous dire que quelques décennies sont passées sous les ponts de Paris depuis ?
Pour résumer rapidement le contexte, disons que j’ai eu du mal avec les études au début. Il s’est même trouvé une institutrice pour m’attacher a ma chaise avec des cordes tellement j’étais remuante, révoltée, ingérable en plus de présenter des signes de dyslexie importants. Choses que je suis toujours par ailleurs, moins le coté « attachée ». Rhannn tout de même ! Et puis en troisième j’ai eu une prof de français qui a compris peut-être un peu mieux que les autres comment je fonctionnais. Madame B.
Lors de ma « semaine de maladie » dans cet enfermement chez moi à tourner en rond comme un fauve en cage, j’ai fait du tri et du classement dans les papiers qui voyagent toujours avec moi (Trop de trucs explosifs pour les laisser en garde à Père et Mère). Et je suis retombée sur une lettre de cette ancienne prof qui me souhaitait bonne chance pour la suite de ma navigation scolaire. Je l’ai relu au moins vingt fois.
Il y avait chez cette femme une sorte de feu sacré. De l’essentiel de l’enseignement. Une vision différente faite d’un mélange de formation intellectuelle et sociale de l’élève associé a beaucoup de tendresse aussi. Sans elle, je ne serais sans doute pas la ou j’en suis a l’heure actuelle. Je n’aurais jamais aimé lire (aurais-je pu même y arriver « réellement » ?), ni jamais aimé la dialectique et la controverse. Elle m’a ouvert à tant de choses. J’ai vérifié qu’elle n’avait pas changé d’adresse et j’ai pris mon petit stylo d’écolière pour la remercier de m’avoir poussé, de m’avoir fait découvrir Baudelaire, Ionesco, Sue, et d’autres, mais aussi et surtout de m’avoir appris à apprivoiser ma tête et mes émotions, d’envisager de ne pas trouver LA réponse mais LES axes de réponses, de ne pas être réfractaire à ma propre vie. Je lui ai racontée mon parcours, le reste de mes études, mon métier, ma vie d’exilée … Tout enfin presque tout.
Elle m’a répondue cette semaine. Une grande lettre. Je l’ai gardée longtemps fermée avec une boule à l’estomac hésitant à l’ouvrir, retardant le moment de la lire. Il m’est revenu en mémoire, le moment où je lui rendais mes copies et ce gout délicieux de l’attente et de l’espoir dans la bouche … Elle n’avait pas oublié qui j’étais en revenant sur certains épisodes de cette époque avec beaucoup d’acuité et de détails. Elle m’a même confiée que je n’avais pas été a la seule a la recontacter en me citant une de mes anciennes camarade de banc qui, devenue journaliste l’avais pris comme sujet principal d’un article sur le « bonheur d’enseigner ». Elle continue a travailler, forme les nouveaux dans les IUFM, participe a l’élaboration de certains livres scolaires et partira probablement a la retraite le cœur gros.
Je crois que j’en étais un peu amoureuse à vrai dire. Très probablement d’ailleurs. Cela s’envisage plus facilement avec le recul des années. Mais au delà de ca, c’est tous les instits et profs que je remercie, ceux qui vont un peu au delà de leur fonction. Ceux qui m’ont emmené jusque la. La ou je suis, ici même sur ce blog entre autre.
Elle me sert encore de référence des dizaines d’années après. Spécialement lorsque que je me retrouve dans la peau du professeur et que je perds patience devant un « élève ». Son visage ne c’est jamais effacée de ma mémoire. Il est présent souvent dans ma vie lorsque j’en oublie les données essentielles. Elle m’a appris à avancer la tête haute en gardant toujours le regard droit. Peut-être m’a-t-elle appris tout simplement à aimer la vie.
Je ne vous embrasse pas. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais ils sont vaporeux mes baisers en ce moment et vous ne vous rendriez compte de rien. Alors je m’abstiens
Ayé, je reviens de week-end français. C’était court mais c’était bien. Sauf que au lieu de s’encouetter (Je sais, je sais c’est un barbarisme) on est parties en promenade. Cela faisait bien longtemps que des Z’amis nous disaient de venir les voir. Alors on a fini pas céder. Et puis je n’avais pas fait un petit tour en Bretagne depuis longtemps et ca me tentait. Et après tout avons-nous toujours besoin de justifications ? Non … Alors c’est comme cela. Le week-end dernier c’était Bretagne point a la ligne. Ah mais !
