Si j’aime la poésie, la littérature et l’histoire et très probablement si vous me lisez ce jour c’est d’une certaine manière grâce a elle. Ma tante tant aimée, cette universitaire ardente défenderesse de la poésie et qui a contribué à sauvegarder ces textes si mal traités s’est envolée. Elle est partie rejoindre Appolinaire, Eluard, Breton et Jacob dans cet autre espace .. le ciel des poètes.
J’ai toujours admiré son envergure, aussi vaste que lumineuse. Il n’était pas un recoin du monde littéraire et historique qu’elle ne connût de fond en comble. Il n’était pas un projet poétique dont elle ne sût les tenants et les aboutissants. Son énergie était époustouflante. Infatigable, drôle, tenace, exigeante, confiante et audacieusement naïve, elle était toujours aux aguets pour défendre et illustrer la poésie et la littérature.
Debout et alerte, aux aguets des minutes pour aller vers la quintessence des mots, vers l’essentiel, j’ai toujours pensé qu’elle était un morceau de galaxie, une étoile filante, une comète. Et je sais qu’elle brillera et volera pour l’éternité et que je pourrai toujours m’y référer lorsqu’il s’agira d’expliquer le monde, de le défier, de le rêver et de le raconter. Mais comment imaginer qu’elle ne sera plus qu’une image, qu’une voix perçue dans les ténèbres de l’absence, elle qui fut le passeur essentiel pour moi et tant d’autres ?
Ma tristesse est profonde et je pleure son sourire, sa force et son élégance.

