Depuis que je suis ici, il m’arrive une chose étonnante. Le simple fait de respirer réorganise ma pensée, ordonne mes souvenirs. L’image est banale et tellement usée mais je crois que je suis en train de vivre ma petite madeleine Proustienne. Je tourne les pages de ces étés de mon enfance : la garrigue et ses odeurs, le bleu du ciel délavé par le vent. Je retrouve au fond de ma mémoire le parfum des crayons papier en bois et des Caran d’Ache des après-midis pluvieuses. Ces paysages que j’ai quittés il y a très longtemps m’ont finalement poursuivi partout ou je suis allée. Je m’en rends compte maintenant que je suis de retour.