Faire les 180 kilomètres qui me séparent de Cape Cod. Du bout de cette presqu’ile, de ce bras presque physique et fraternel qui entoure ma déchirure et la garde a l’intérieur. Se souvenir de ceux qui le furent en France tout autant fraternels tout autant non physiques. Avaler un café face à la mer. Enfermer la blessure là-bas. Cautériser immédiatement la plaie au fer rouge. Puis geler cette partie de moi pour éviter que tout ne déborde et que je sois incapable de gérer ce flot. Regarder en face, plus loin que l’horizon. Vers la France. Repartir dans l’autre sens. 180 kilomètres le long de la côte. Avaler Hyannis, Plymouth, Duxbury, Cohasset. Ne pas, ne plus raconter cette douleur ici. De toute manière je n’ai jamais été douée pour exprimer les déchirures. Quel qu’elles soient. Mon cœur brisé, je vais le garder pour moi et puis je vais mettre les clefs dans le contact. Démarrer vite, très vite. Rouler vite, très vite. Vers la mer.
Définition : Action de passer par un lieu sur son itinéraire sans y séjourner.
« Elle » a décidée qu’elle ne viendrait pas ce week-end ici chez moi. Je vais donc y aller parce que si je fuis souvent les conflits, je n’évite jamais les réalités. Il faut que je lui parle face à face parce que j’ai besoin de savoir tout simplement ou sont apparus les feux rouges et pourquoi. Les effacer … si je peux.
Il va falloir que je sorte mes tripes et mon âme façon sashimi. Il va falloir que je lui dise que oui, moi aussi j’ai du mal a vivre ce couple a temps partiel et a voir ma vie défiler si vite, que j’ai du mal a dormir seule sans pouvoir déposer ma main dans le creux de son dos, que j’en ai marre de me nourrir de surgelés a dix heures du soir, et que je ne supporte plus le fait que nous ne faisions l’amour qu’une fois toute les six semaines avec la régularité d’un métronome. C’est a dire après plus ou moins exactement sept heures de vol, deux heures de train, trente minutes de voiture et dix minutes de douche. Lire la suite »
Additif au carnet de bord de la cafetière
Je suis sure que cela vous a empêché d’avoir une nuit reposante et je ne voudrais pas non plus gâcher celle qui ne va pas tarder a arriver sur la terre française et sur vos yeux fatigués après une longue et éprouvante journée de travail. Enfin j’imagine …. Alors je m’empresse de vous raconter la suite. Je suis donc allée ce matin à la RMV alias Registry Motor Vehicules pour passer mon épreuve de QCM …. Et je dois dire que je fus une bête. Une fois n’est pas coutume.
J’ai donc en poche la première partie du sésame. Je ne connais pas mon score mais je sais juste que cela m’a pris exactement sept minutes et qu’il ne fallait pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour y arriver. Tant mieux je n’ai jamais vu Père et Mère comme des Dieux. Et puis c’est bien connu dans ma famille, les enfants tombent du ciel. Bref, examen pratique la semaine prochaine. La seule chose que j’espère maintenant c’est que je vais pouvoir aller jusqu’a l’article Licence IV … Ben oui, celui ou je vous raconterai comment j’ai fêté ma réussite au pub du coin !! Arghhh ca y est je recommence avec mon humour de merdouille …
Cela dit au passage, je ne résiste pas à l’idée de vous donner un autre exemple de l’ingéniosité américaine. Lu dans le « Petit Manuel Illustré de la Bonne Conduite de mon Etat ». Entre le bord d’une pièce de 1 cent et le haut de la tête de Lincoln (parce que de l’autre coté de la pièce c’est un portrait de Lincoln avec sa barbe de prophète), il y a exactement 2/32 de pouce (pourquoi pas 1/16, ca je sais pas) et que si vous voulez savoir si vos pneus sont usés, il suffit d’introduire délicatement la dite pièce dans la rainure du pneu, et la, miracle, si on voit encore la tête en entier de Lincoln, et bien c’est qu’il faut prendre rendez-vous avec le molosse hyper sexy qui vous sert de garagiste pour les changer. C’est formidable tout de même ce que l’argent peut faire .. Cela me laisse sans voix mais pas sans boulot …
Concerto pour piano et orchestre No. 23 – K.488
Wolfgang Amadeus Mozart
Je me suis un peu exilée au bout du canapé ce soir. Il faut dire qu’il est en train de se passer deux ou trois petites choses dans ma vie que je n’aime pas trop. Et comme toujours dans ces cas la, je me refugie dans la musique. Elle me relie a ce et a ceux que j’aime. J’en écoute beaucoup, de tout. Mais lorsque je commence à douter alors le registre devient plus classique. Que voulez-vous des réminiscences d’années de solfège et de piano qui ont coutés des fortunes à mes parents et qui m’ont juste rendu l’oreille musicale parce que pour le piano, il faudra repasser.
En ce moment quelques notes de musique s’élèvent dans mon salon et flottent. C’est doux comme une caresse sur une peau a peine effleurée. C’est une bulle qui prend naissance au creux de mon ventre pour apaiser mon âme et calmer mes angoisses et mes désirs. Je connais ce concerto par cœur, mais pour la énième fois je me rends compte que chaque écoute est unique et que ma lecture est différente.
La musique c’est cette dimension supplémentaire, rempli d’émotions inexprimables par de simples mots. Je suis complètement absorbée par ce qui est au delà. Je l’écoute non seulement avec mon cœur et mon âme mais aussi avec mes cinq sens. L’ouïe se comprend facilement. Mes yeux voient et mon odorat ressent les nuages transpercés par des éclats de soleil, la joie, les éclats de rires en gerbe, le clapotis de l’eau, la vibration des feuillages, la teinte ocre de la terre, la tempête … Toucher et gouter ne font qu’un mais uniquement lorsqu’ « elle » est la a mes cotes … Ce concerto est éclatant. C’est une musique bourrée d’apparence, de jeux perpétuels de force. Enfin c’est ce qu’il parait au début bien sur, alors que c’est une chose fragile, toujours orientée dans le sens du bon, du beau, du vrai. J’aime cette musique pour ce qu’elle est, simplement, pour cette intimité, pour l’émotion, pour cette sorte de silence habité. Il en va de même pour la peinture, lorsque je regarde un tableau je suis attirée par le visible mais diablement plus par l’invisible. Insatiable curiosité.
La dualité de l’orchestre et d’un piano qui avance a coup d’effleurement de touches. Puis le piano devient de plus en plus présent, il fini par remplir tout l’espace et délivrer son propre rêve, son aboutissement. Et il y a la douceur et la délicatesse des instruments à cordes associés a la profondeur et a la chaleur des instruments à vents. Toutes ces questions-réponses des uns envers l’autre. Fatalité de l’orchestre contre la foi du piano. Duel. Qui remporte l’estocade finale ? Celui qui élève la dernière note ou celui qui transmet la dernière émotion ? Parfois cela me laisse aussi comme une petite fêlure, une sorte de fatigue un peu écœurante devant tant d’équilibre, de blancheur immaculée associée parfois a une noirceur dense … Dissonances de l’art … Dissonances de la vie ?
J’ai tellement envie de ses bras dans ces moments la. Je lui parlerai de l’infinie patience d’un cœur et d’une âme, de l’infinie tendresse des notes. J’imprimerai le même effleurement des touches sur sa peau, cette même puissance à d’autres moments, tout ce qui mène à cette harmonie, à cette ivresse. Et il y aura ces silences que j’aime tant. « Elle » me gardera contre elle, et d’un seul coup sans que sache vraiment pourquoi, je lâcherai prise. « Elle » posera ses mains sur moi. Et je deviendrai alors cet instrument parfaitement accordé, parfaitement en harmonie avec ses mains, ses yeux et cette musique. Imaginer son souffle calme, son corps comme une mer de sable mobile et changeante. Seulement, « elle » est en train de me glisser doucement d’entre les mains, je le sais, je le sens, je me trompe rarement. En même temps prés de 6000 kilomètres pour jouer une partition à quatre mains c’est loin d’être facile.
Je me suis absentée quelque temps, les mains sur cet autre clavier, assise dans ma position préférée pour écrire, calée dans le canapé, le portable sur les genoux et l’esprit au loin. Et puis cette musique c’est tue pour laisser place au silence de la nuit à nouveau interrompu par le bruit de mes mains tapant nerveusement sur les touches.
Respiration … inspiration … expiration ? … Fast forward ? Fast rewind ?
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Problème de cette semaine: « Je dois repasser mon permis de conduire car mon (foutu) permis français n’est plus valide ici ». Voila le problème, il parait simple à résoudre …. détrompez vous… Je vous résume donc la situation…..
Je dois passer le code. Bon jusque la tout va à peu prés bien surtout que les questions ne sont pas d’une complexité effarante. C’est un questionnaire à choix multiple. Soit 20 questions et un minimum de 14 bonnes réponses est obligatoire. Pour vous donner le gout des questions c’est du genre (Je ne plaisante pas c’est vrai) Question : Vous vous trouvez a un carrefour, le feu est rouge, vous pouvez
A) Passer sans vous arrêtez
B) Arrêter le véhicule
C) Passer s’il est 2 heures du matin
D) Les feux rouges ne vous concernent pas.
En partant du postulant que la « pire » ou la plus restrictive des réponses étant la bonne je devrais normalement pouvoir y arriver. Quoiqu’il y est un chapitre entier sur les amendes en cas d’excès de vitesse (erreur majeure aux US). On peut conduire dans des poubelles, être à moitie aveugle ou sourd MAIS on ne dépasse pas la limitation de vitesse. C’est comme cela. En admettant que je gagne mes galons d’apprenti conducteur a l’épreuve écrite.. il me faut aussi repasser l’épreuve pratique. MoA qui est appris à faire des démarrages en cote au frein a main, des créneaux de folie dans les étroites rues parisiennes. Je devrais pouvoir être a la hauteur d’un je mets mon clignotant a droite lorsque je tourne a droite et je suis capable de m’arrêter lorsque l’examinateur me le demande. La ou se situe le seul est unique problème est qu’il me faut venir avec un « sponsor ». Attention je vous vois venir.. un sponsor … un sponsor … ben s’il faut monter un dossier de commandite pour obtenir son permis c’est lourd … Non, non un sponsor ici c’est un résident de mon Etat, qui a plus de 21 ans, qui possède son permis depuis plus d’un an et qui a une voiture. J’ai tout cela mais pas TOUT ensemble. Je décortique pour vous : Ami(e)s tout cours : SEPT … Ami(e) correspondant à un critère : SIX …… Ami(e)s répondant a deux critères : CINQ …. Ami(e)s correspondant aux trois critères : ZERO ….. J’ai tout de même tentée le coup du « charme » auprès des autorités de l’état en leur faisant comprendre que non j’ai pas de famille ici même très très éloignée, que je n’appartient a une quelconque secte religieuse, que je ne suis pas non plus prête a m’engager dans les forces armées
Et la réponse laconique de la dame préposé « Well , you can not apply for a driver licence » .. Et je fais comment alors me suis-je mise à hurler dans le téléphone, j’arrête un type de la rue lui demande d’être mon ami et de me prêter sa voiture pour la journée car il me faut passer un permis de conduire ? … « Yes you can » … Très a la mode cette phrase.
Argh …… Donc me voila dans la position relativement désagréable de devoir passer mon permis pour des raisons légales mais je ne peux pas …. Une sorte de boucle infernale ?????? Allez hop!
Je ne vous embrasse pas ce n’est pas l’envie qui m’en manque c’et juste que je n’ai pas le temps … je vais de ce pas poster une requête sur Craiglist, pour me trouver des nouveaux amis qui ont plus de 21 ans, un permis et une voiture.
