Il faut que je vous raconte mon dernier voyage d’affaires…… Hum ? Ok je ne fais pas d’affaires a proprement parler, certes, mais il n’empêche que je suis de temps a autre mandaté par les autorités suprêmes de la crémerie qui m’emploie pour aller flanocher (ou réellement travailler) dans un meeting au loin.
Je m’en fus donc, a l’heure où blanchie la campagne c’est-a-dire vers 7 heures, dans le froid d’un petit matin, jusqu’a mon aéroport préféré. J’avais un vol pour Toronto via Air Can*da. La seule compagnie ou les agents de bord ont une tenue verdâtre sensé faire couleur locale … le vert des grands espaces … et qui ne donne jamais mais alors jamais une belle mine a ceux qui la portent.
Tout commence par la cérémonie du passage de la porte de sécurité, ou l’on se met en chaussettes, on vide toutes ses poches et ses sacs en finissant par l’ordinateur. Une fois le strip-tease exécuté, on attend dans une attitude respectueuse le hochement de tête imperceptible de l’agent de sécurité de l’autre côte de la porte pour être admis dans le sanctuaire de sécurité qu’est sensé représenter l’espace d’embarquement. Notez que ce n’est pas le strip-tease qui me dérange, c’est juste qu’a 8 heures du matin et face a soixante personnes, j’aime moyen.
Ce qu’il faut savoir, c’est que l’embarquement sur un vol au départ des USA et a destination du Canada c’est complètement loufoque. Enfin pour une Française. C’est organisé. Incroyable. Sur le ticket il y a un petit numéro, dit « de zone ». Un grand flandrin appelle les numéros, wawaouin..number three and four, number three and four are now wawawa crrrrrssshhhh. Et aucun gentil passager qui serait muni d’un billet dont la zone n’a pas été appelée n’aura le culot de se lever de son siège avec l’idée saugrenue de truander le système. Bref, le truc est étudié pour la rentabilité, mot magique des compagnies aériennes dont les trois-quarts sont en banqueroute et qui j’imagine, doivent jurer sur la Bible a leurs banquiers qui si, on fait des efforts, on ne nourrit même plus les passagers, et on les parque dans l’avion a coup de numéros.. je vous jure … REN-TA-BI-LI-TE !!!
Donc, on appelle les gens, de façon a ce que les places les plus a l’arrière de l’avion entrent d’abord, et puis on remplit comme une bouteille, du cul vers le goulot en quelque sorte et en tassant bien. La où ça devient terrifiant c’est quand un problème technique ou une mauvaise grippe rend aphone le type qui crachote dans le micro. Plus d’annonces de zones, plus de passagers qui se présentent à l’embarquement. Ils restent tous assis. Hé, les gars, on y va, tout le monde peut monter c’est l’heure. « Tatata, moi chus zone 6, je ne bouge pas » semblent dire tout les bons américains qui m’entourent….
C’est ce qui est arrivé a mon dernier voyage. La panne de micro. Comme dans le cas de la conduite en ville, il faut alors qu’une rebelle pourquoi toujours moi brise les règles et ose aborder le moine préposé a la cérémonie du déchirement du billet, droit dans les yeux, avec ma zone 1 alors que je suppose qu’il vient d’appeler la zone 3 .
Alors, comme par magie, le reste du troupeau se dandine mollement vers la porte, s’excusant maladroitement, je suis zone 2, mais il m’a semble que … Arghhhhhh ….. Mais monte crétin, l’avion est à moitie vide, on devrait s’en sortir.
Bref, l’esprit d’initiative dans les transports ce n’est pas gagné chez les ricains. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’en France on assiste à la situation exactement inverse, le micro marche, mais tout le monde s’en fout, on monte, on monte et on verra bien après.
Je vous embrasse pas ce n’est pas l’envie qui m’en manque, c’est juste que j’ai décidée d’embrasser les gens par zones maintenant et la a moins d’avoir le ticket Zone 14 c’est pas la peine d’y compter..