Archive pour septembre, 2009

Voie Z

17
sept 2009
5 commentaires

Quai de gare – Voie Z – 7:30 – TGV en direction de Charles de Gaulle

TmP : « … Tu reviens quant ? … »
MoA : « … Dés que je peux … »
TmP : « … … »
MoA : « … … »

Je vais être encore cette voyageuse égarée. Mes pas m’emportent au loin. J’ignore le reste du monde en ce moment précis. J’ignore mes souffrances physiques : ce mal a l’épaule qui me ronge depuis des semaines, la fatigue. Le ciel est bleu, trop bleu. Je commence a ré-adopter les attitudes convenues et convenables. Je redéveloppe mes codes urbains et j’applique la distance réglementaire. Je n’ai plus le droit de toucher, elle ne veut pas. Je ne suis juste qu’une paire d’yeux rivés sur l’acier des siens. Je sais que dans quelques minutes elle va disparaître. Je ne pourrais la voir que par la vitre de la porte du train. Forte et fragile à la fois. Elle restera sur ce quai quelques minutes cachée derrière un pylône le cœur comprimé.

Le rituel est le même. J’ai glissé le livre qu’elle m’a offert dans ma valise griffée de tous ces transits, comme mon âme, comme mon cœur et comme le fut mon dos hier soir entre ses mains. Il occupera mes mains pendant ce voyage. Il doit être bien, forcement elle me l’a offert. Je lui ai tendue le dernier CD fait pour elle. Il lui apportera des morceaux de moi.

Son parfum me manque déjà. Il restera sur mes mains quelques heures encore. J’y plongerai mon nez quelques temps. C’est la seule solution que j’ai trouve pour effacer cette sensation de vertige qui me prend lorsque les portes du train se referment.

Je vais retrouver les halls d’aéroports, les gens pressés. Il fait chaud, il fait froid, je ne sais plus. Encore combien d’années à faire ces allers et retours ? Combien de mois a m’user dans les trains et des avions ? A laisser fuir le temps et à espérer demain …. Que me faut-il pour rentrer ? Mais je pars encore. A bout de souffle, a bout de larmes, a bout d’émotion.

Je la regarde et reviens en moi quelques strophes du dormeur du Val.


C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Je suis ce soldat. Et à cet instant, je voudrais fermer mes bras et la garder contre moi indéfiniment. Je suis deux fois exilée. De ma terre et de mon âme ….

Et NON je ne fait pas une crise mystique mais dans cet extrait musical (plus bas) il y a peut-être toute la foi du monde en tout les cas a mes yeux d’incroyante, mais la foi peu prendre bien des visages … Bref, revenons a nos violons. Cette musique, je vous conseille vivement de l’écouter même si cela dure 10 minutes. Petit précis pour les pressés. Le Dhikr est une pratique musulmane qui vise à se détacher du monde pour parvenir à l’extase. C’est une sorte d’invocation de Dieu. Pour le Requiem c’est la messe pour l’âme des défunts de l’Eglise catholique romaine. Et cet extrait est le savant et parfait mélange des deux. Déjà qu’en lui-même le Requiem de Mozart pourrait faire devenir catholique un troupeau d’agneaux incroyants … Mais avec l’ajout d’un Dhikr c’est d’une profondeur abyssale.. Ca n’engage que moi bien sur …. Mais franchement … Hein ? Si vous n’avez qu’une seule chose à faire sur ce site perdu, fermer vos yeux et laisser vos oreilles s’imbiber …. Bon d’accord j’arrête.

Ecrit en écoutant – Dhikr & Requiem – W.A Mozart & Milen Natchev – Album : Mozart in Egypt

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Memories

14
sept 2009
9 commentaires

Gay

 

C’est amusant, je n’ai pas grand chose à faire en ce moment question boulot, je baguenaude sur internet, je saute de blog en blog, j’égrène des commentaires, je m’amuse, je m’offusque … Et en attendant je ne rapporte pas beaucoup de sous a la « chère société » qui m’emploie. Remarque m’en moque ils font déjà assez d’argent sans pour autant que je vienne rajouter ma contribution a la pyramide dorée … Donc de promenade en découverte j’ai remarqué que pas mal de blogs lesbien et gay parle de leur coming out, de leur histoire. Et la … en lisant tant d’histoires je me suis dit que je devais peut-être le faire moi aussi. Pas pour copier sur les autres mais surtout pour mesurer ou je me situe maintenant … et qui sait peut-être modifier ma « gay attitude ».

Parce que question « ou je me situe maintenant » ca a pas mal changé depuis des années. Et elle fut longue mon évolution. Passer de fille de bonne famille à gay …. Parce que sa vie sexuelle, comme sa vie tout court, c’est un truc qui ne se montre pas dans ma famille … On n’affiche déjà pas les amours hétérosexuelles alors ne parlons pas du reste. L’amour est un concept dans notre tribu, une sorte d’engagement à produire la génération suivante, à faire en sorte que le nom reste. Si l’Amour est la tant mieux c’est le cadeau Bonux… Mais il arrive que certain n’est pas la chance du ticket gagnant. J’ai grandit en sentant cette ombre et en vérifiant a chaque nouvelle naissance que le classement familial se faisait en fonction du nombre d’enfants « produits » .. C’est terrifiant ce contrat, cette obligation. Et ca fait diablement peur, je vous jure.

Bref, d’années en années je me suis aperçue que mes copines avaient beaucoup plus de charme que mes copains. Que la peau d’une fille était bien plus attirante que les torses de mes camarades masculins. J’ai gardé ce sentiment au fond de moi pendant toute mon adolescence, ne sachant vers qui ou vers quoi me tourner et appréhendant le reste de ma vie avec une certaine angoisse. Mais il est venu le temps ou tout mes cousins, cousines, sœurs et frères on ramené leur « prise de guerre » a la maison … Celle ou celui qui allait signer ce bon Dieu de contrat sans autres formes de procès ni de questions, ni aussi de volonté pour rajouter un alinéa … Tous ? Oui Tous sauf moi …J’en ai fait des mariages ou l’on me plaçait à la trop « fameuse » table des célibataires. Cette même table ou les bonnes vieilles tantes viennent vous pincer la joue (comme lorsque vous aviez 10 ans) en bavouillant un « alors la petite dernière toujours pas fiancée ? ». Et ca je peux vous dire que cela vous fout la pression et plutôt deux fois qu’une. J’avais toujours la réponse prête : pas le temps, concentration sur les études, etc. Des âneries a deux balles mais qui m’ont sauvé quelques temps … Et pendant tout ce temps la mes yeux dévoraient les filles … Juste que mes yeux…. Argh ….

Mais la pression c’est plutôt dur a gérer au quotidien et j’ai fini par craquer et par autoriser un gentil garçon a me passer un bras sur l’épaule, puis de fil en aiguille a la taille et ainsi de suite jusqu’à ce que je l’exhibe (et je n’en suis pas fière …) a PaPa et MaMan. J’avais moi aussi mon alibi … Et je n’ai jamais aussi bien jouer l’anguille qu’avec lui … Un pas en avant et trente en arrière. Ca a duré quelques années jusqu’à ce que je rencontre E. au boulot (C’est classique hein ?!?!)

Une femme mais quelle femme ! Séduisante, vive, éclatante de sureté en elle … Le remède a mes questions … J’ai franchit ce cap avec elle … j’ai rompu avec ce brave garçon, mes parents ont pensé qu’il était le grand amour de ma vie et m’ont traité comme une petite fille ayant perdue son unique chance de « mariage » et de vie heureuse … Alors que c’était tout a fait le contraire, je m’épanouissais en silence dans cette relation avec E. Découvrir, apprendre, partager, rêver … mais sans jamais rien dire … Combien de fois ai-je eu envie pourtant de planter la fourchette dans le gigot familial et de hurler « Chère famille … vous avez a votre table ce que l’on appelle une lesbienne et cette fille c’est la votre … »

J’étouffais de tout … de trop d’amour, de trop de silence, de trop de tout …. Cette première relation n’a pas tenu le coup , trop complexe a gérer. V. étant ouvertement lesbienne et moi bien trop terrorisé a l’idée que « cela puisse se savoir ». La France était devenue trop étroite pour moi, je suis donc partie au Canada … Ma famille à envisagé cette expatriation comme on le faisait au 19eme siècle pour les tuberculeux … Allez hop un petit voyage ailleurs au frais, pour « rebâtir » une santé chancelante. Je suis partie en espérant respirer plus fort et plus librement. Ce fut le cas. Quatre ans de liberté, de rencontres. De clubs en bars, de nuits en petits matins, de découvertes en acceptation, de la douceur des rencontres a l’amertume des séparations … enfin un début de vie … Et puis une deuxième expatriation, plus dure celle la qui m’a mené aux pays des cows-girls unies. Langue, philosophie de vie, relation aux autres, américaines (ah les américaines … mais ceci est une autre histoire). Quelque années de plus avant de rencontrer TmP ma Tendre Moitie Patiente … La rencontre. Celle qui libère dans un « enfin » salvateur.

Je l’aime, elle m’aime c’est d’une banalité heureuse … et pourtant, je ne me suis toujours pas décidée au bout de presque trois ans à rentrer (définitivement) en France. Je n’y arrive pas. Le contrat familial est toujours ouvert sur ma tête et c’est pire que la Mafia. La chasse a l’élu bat encore son plein … Et la tribu soupèse, pense mais n’a jamais déduit que j’étais devenue ce que je suis. A chaque fois que je reviens et passe toujours en coup de vent chez mes parents, je prépare mon discours jusqu’à la porte le doigt sur la sonnette et puis je m’étale littéralement sur le canapé, me maudissant jusqu’à ma vingtième générations (que de toute façon je n’aurais pas) et je repars ivre de mon incapacité, les larmes aux yeux … Impuissante …

Pourtant mes amis proches savent et s’amusent parfois de cette façon de réagir. Ils m’engeulent, m’expliquent, me consolent, me motivent mais je reste définitivement cette « lesbienne invisible » ..

Ecrit en écoutant (Entre autre) : Waldeck – Memories – Album : Ballroom Stories
[audio:Memories.mp3|titles=Memories|artists=Waldeck

 

Brigitte_Fontaine

Chanson plus que « sous influence » et un mélange des genres improbable pour un résultat diablement amusant …

Zebda et Brigitte Fontaine – Le nougat – Album : Rue Saint-Louis en l’île

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Il va faire beau, il va faire chaud aux pays des cows-girls unies ce jour … Ca va être le temps parfait pour sortir de mon appartement et aller me vautrer (oui, oui y’a pas de mot meilleur que celui-ci), dans le parc a coté. Un café et un livre « William Faulkner – Absalon, Absalon ». J’ai commence ce livre il y a quelques jours …. C’est lent, c’est chaud, cela respire et transpire la littérature du sud américain pour laquelle j’ai une affection toute particulière … C’est parfois poisseux, ca colle au bout des doigts … A essayer pour ceux qui ne connaissent pas … Bonne journèe a vous

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… Et laissez moi un petit commentaire lorsque vous passez par la .. oui ca fait plaisir … Allez quoi c’est pas compliqué et puis Moa je serais super contente. Déjà que je me sens quelque peu exilée ici …

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