Temps vide. Je ressens comme une douce fatigue ce soir. Je suis hors d’atteinte dans une sorte d’équilibre vacillant. Mon monde extérieur est légèrement plat mais pas mes sensations ni mes désirs.
Mes paupières se ferment. J’ai besoin d’elle. Elle qui me raconte des histoires qui me parle de ce temps suspendu, de cette brèche dans le réel. Dans ce silence, j’entends presque sa voix, qui prend cette teinte, cette sorte d’inflexion lente faite de douceur et de profondeur, et qui me trouble toujours. Et je sens en moi une sorte d’appel impérieux qui exige l’abandon.
